• DERNIèRES GOUTTES... (4ème partie)

    « Qu'avez-vous tenté ?, demandai-je aussitôt. Kay ouvrit la bouche, me regarda et, fort prudemment, n'osa rien dire. L'inspecteur Bloome prit la parole :

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    _Une entrevue, tout simplement ; un test, pour estimer l'implication de la jeune miss Garland. Force est d'admettre que cela s'est, en fait, plutôt mal passé...

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    Il me raconta brièvement l'épisode épique de la soirée à l'Apollo-Jazz ; il omit de nombreux détails – dont j'ai eu connaissance depuis – mais le rôle obscur de Kay dans cette histoire était de toute façon trahi par l'air indéniablement coupable de ce dernier, et par ses fréquentes et vaines tentatives d'interruption. Ses dénégations ne semblaient pas particulièrement émouvoir son supérieur qui continuait à résumer, à sa manière, l'incident de la prise de contact. Quand il évoqua l'overdose de « son agent », je fronçai les sourcils et attendis qu'il ait fini pour objecter, foudroyant Kay du regard :

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    _Vous avez quelque chose qui tendrait à prouver que Maggie Garland était en possession de stupéfiants ?

    _C'est-à-dire...à par les affirmations de notre agent, non. Mais il paraît évident...

    _Cela ne constitue pas une preuve suffisante. Quelqu'un d'autre a très bien pu droguer votre homme sans qu'on s'en aperçoive.

    _Je ne vous le fais pas dire, grogna-t-il, considérant son collègue d'un œil noir. Pourtant, y compris au vu de vos récentes péripéties, on ne peut nier les liens du commerce du Café Blanc avec le trafic de drogue en provenance du Nicaragua. Ce serait une coïncidence troublante...

    _En admettant que vous ayez raison, ce dont je doute, rien ne prouve qu'elle ait agi de son plein gré. On aurait pu la contraindre, la menacer...

    _C'est bien pour ça, en fin de compte, que j'ai pris contact avec vous ».

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    Cette réflexion eut le don, pour le coup, de me couper carrément la chique. Nous aurions, certes, dû nous y attendre ; les flics peuvent parfois être philanthropes, mais ils se comportent rarement comme tels. Hunter, pour sa part, ne disait rien, mais j'ai le sentiment qu'il fut lui aussi pris de court par la déclaration inopinée de Bloome. En tout cas, nous eûmes alors  tous deux la même réaction: nous fîmes signe à la serveuse et commandâmes une nouvelle tarte. Il était presque midi, et après cette étrange matinée nous avions bien besoin de restaurer nos forces...

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    « Voici comment les choses se présentent, expliqua Bloome quand nous eûmes commencé à manger ; il nous faut savoir si, à l'instar de sa tante, Maggie Garland est impliquée dans la gestion du trafic.

    _Comment comptez-vous procéder ?, demandai-je avec un léger fond de réticence. Je n'étais pas du tout convaincu de la culpabilité de la jeune femme ; mais le meilleur moyen de la disculper était justement de collaborer avec l'inspecteur Bloome, afin de lui prouver qu'il avait tort. C'est bien là ce que j'avais l'intention de faire.

    _Rendez-lui visite, proposa-t-il, et voyez de quoi il retourne. Prenez comme prétexte...je ne sais pas, moi, l'épreuve de la mort de sa tante.

    _Merci, ça j'aurais pu le trouver tout seul.

    _Tâchez de voir à ce sujet si elle croit réellement à cette histoire de cambriolage, ou si elle a une autre hypothèse à proposer. Franchement, je ne sais pas ce que vous trouverez exactement ; mais cela peut nous servir. Après tout, pour ce que nous en savons, elle pourrait même être impliquée dans cet assassinat

    _Elle...elle aurait fait tuer sa tante ?! Vous êtes fou !

    _Je n'ai pas voulu dire ça, protesta Bloome, battant prudemment en retraite ; simplement, elle peut savoir qui est l'auteur de ce crime, et pourquoi. Les règlements de compte entre associés sont monnaie courante dans le milieu. Qu'elle n'aille pas faire une bêtise... »

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    J'acquiesçai ; il savait y faire pour se rattraper aux branches, un vrai singe. Mais ses grimaces m'avaient convaincu : j'étais partant d'autant que les questions qu'il se posait m'intriguaient aussi, quoique dans une toute autre mesure. Et puis, une idée venait de germer dans ma tête ; une idée que je n'étais pas prêt à partager avec l'Inspecteur Bloome, et dont les origines se trouvaient...dans la poche de mon manteau.


    2 commentaires

  • Hello !
     
    Si vous ne connaissez pas ce blogg, je vous conseille de passer au sommaire ; sinon, je voulais vous avertir que, ici comme ailleurs, la politique change. En fait, plutôt que de publier tout à la suite (ce qui n'est pas super pratique à lire, hein ? ;) j'ai décidé de ne laisser que le dernier épisode publié. Je mets aussi un lien, à chaque fois, vers le texte intégral dûment mis à jour !
     
    Voilà...
     
    G.H.
     

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