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A Polar Experience

Dream By Gatrasz Incorporated.

Episode 18 - [Chapitre 5] | 28 novembre 2007

LE CAFé EST DANS LE LAC... (2ème partie)

Dan Hunter me conduisit le long d'un sentier qui, un jour, avait dû être un torrent par temps de - rares - fortes pluies. J'imaginai mon ami faire ce trajet quelques minutes plus tôt, avant qu'il ait retrouvé son agaçant aplomb ; il devait être singulièrement désespéré tout de même, pour se laisser descendre ainsi, comme l'eau météorique, sous l'effet de la gravité...
Une pierre plantée en travers du chemin nous arrêta ; nous étions arrivés en haut d'une falaise abrupte de dix ou douze mètres dominant un étroit défilé.
 
"Vous voyez ça ? murmura Hunter.
_Il y a une route au fond de ce défilé, dis-je ; on peut supposer qu'elle mène à la bâtisse sur le lac, si c'est ce que vous vouliez me montrer.

Il acquiesça :

_Le soir va tomber d'ici une heure ou deux ; nous pourrions nous installer ici, et en profiter pour garder un oeil discret sur ce qui passera par cette voie, non ? Ensuite, nous aviserons..."
 
Je partis chercher nos affaires, n'ayant rien à opposer à son plan. Quand je revins, porteur des deux lourds sacs de matériel que nous traînions depuis Managua, il était assis sur un rocher, imperturbable, et regardait la route en contrebas. Son imperméable couvert de poussière commençait à prendre réellement la couleur locale ; et on aurait bientôt sans doute du mal à le distinguer, de loin - ce qui, pour observer sans être vu, n'était certes pas plus mal. Revenu à côté de lui, je lui en fis la remarque ; il sursauta, et sans répondre vint m'aider à élaborer un campement pour la nuit.
Quand l'obscurité vint, nous allumâmes un feu ; comme nous étions dans une sorte de cuvette sur un point élevé, sur le versant opposé au lac, nous avions fort peu de chances d'être repérés, d'autant que la fumée ne pouvait pas se voir. Suite à un repas frugal - il valait mieux économiser nos provisions - nous restâmes un moment sans rien dire, à regarder les braises rougeoyer en prêtant (vainement) l'oreille à ce qui pouvait se passer en contrebas. Puis Hunter jeta un petit bout de bois dans le feu et se tourna vers moi :
 
"Au fait, Horowitz, vous ne m'avez jamais dit dans quoi vous travailliez...

Je le regardai, surpris.

_Vous avez raison... C'est sans doute parce que je suis en vacances, je n'ai pas eu besoin d'en parler. Mais je ne vois pas de raison de laisser planer le mystère plus longtemps.
_et...?
_Je suis géologue. Je travaille en tant qu'ingénieur à l'
American Gas And Petroleum Prospecting Company
.

Hunter émit un petit sifflement que j'entendis à peine.

_Hé bien... Moi qui vous imaginais dans un bureau...
_Ne vous y trompez pas, je passe effectivement le plus clair de mon temps dans mon bureau, à faire des calculs et à dresser des plans à partir de données d'origines diverses, principalement des endroits où je n'ai jamais mis les pieds d'ailleurs...ce n'est pas toujours tellement excitant. Mais il m'arrive de faire un peu de prospection, de temps en temps.
_C'est à dire...?
_...que je dirige les terrassiers pour leur indiquer où forer. C'est à très grande échelle que tout ceci se passe, vous savez ; à la rigueur, je bouge un peu de sable du bout de ma bottine, ou je casse quelques cailloux avec un marteau quand l'envie m'en prend, rien de plus. La
Company
fera le reste...
_Et ça paye bien ?
_Plutôt. Enfin, c'est convenable, quoi..."

 

Publié par Experiment.Gat à 17:31:33 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (2) |

Episode 17 - [Chapitre 5] | 23 novembre 2007

LE CAFé EST DANS LE LAC... (1ère partie)

"Non, vous n'allez pas abandonner maintenant ! Pas si près du but...
_Mais quoi ? Vous nous voyez donner l'assaut à ce truc comme ça, touts seuls ?
_Nous trouverons bien un moyen... Que diable, nous ne sommes pas venus jusqu'ici pour rien !
_Non, certes, mais... Comment voulez-vous...?
_Ok. Je n'en sais rien. Mais nous finirons bien par trouver..."


Je ne savais plus quoi dire ; Hunter semblait décidé à baisser les bras, mais je ne voulais pas en entendre parler. Pas après tout ce chemin, tous ces efforts.

Le petit vieux nous avait quitté, emportant un maigre pourboire (dans certains pays, les gens qui paient bien se font vite repérer) ; et nous avions laissé le soleil descendre sur les collines sans bouger du taillis où nous nous étions réfugiés. Tandis qu'Hunter se levait et s'éloignait dans les broussailles, je m'assis sur une pierre, écrasé soudain par la nouvelle tournure des choses. Que faire ? Rien que pour s'approcher de cet invraisemblable repaire, il nous aurait sûrement fallu le concours d'une petite armée ; et je ne parle même pas de l'investir... L'accès était restreint à une étroite langue de terre, comme les restes d'un ancien éboulement descendant en pente douce jusqu'au massif rocheux immergé qui supportait les hauts murs de cette extravagante...chose - cette espèce de château bavarois transposé en Amérique centrale ! Impossible de s'y aventurer sans être vu ; et qu'aurions-nous pu faire, à deux contre une très probable armée de gardes ? C'était du suicide, et je n'étais certes pas venu pour ça... Mais abandonner ? Non, non et encore non... Tout, mais pas revenir bredouille, et devoir affronter tous les jours les affiches à la gloire du nouveau, du merveilleux, du fantastique Café Blanc du Nicaragua ! Jamais ! Plutôt... Je me levai et, les mains dans les poches, m'approchai des rochers qui surplombaient le lac. Là, je m'absorbai dans la contemplation des eaux sombres qui stagnaient en bas, à peine ridées par un souffle de vent tiède...

"Hé, n'allez pas trébucher, Horowitz, lâcha la voix d'Hunter dans mon dos.
_Euh...non, dis-je, un peu comme un somnambule qui se réveillerait sur un toit. Et je fis quelques pas en arrière pour m'éloigner du gouffre.
_Alors, dis-je, où en êtes-vous de vos lamentations ?
_Lamentations ? Quelles lamentations, mon cher ?
_Ne vous moquez pas de moi ; il y a dix minutes, vous étiez assis là, désespéré comme un gamin qui a perdu son chien...
_Hem...oui, mais c'était il y a dix minutes, ça... Hem...il semble que j'avais besoin de voir les choses sous un nouveau jour.
_Et... ? Vous avez trouvé comment donner l'assaut à cette forteresse ?
_Donner l'assaut ? Jamais de la vie ! Cher ami, nous ne sommes pas là pour ça...
_Ah ?
_Non, bon Dieu, je ne suis qu'un détective moi, et pas un barbouze ! Ce n'est pas notre boulot, ça, Horowitz ; nous sommes ici pour récolter des informations, c'est tout. A ce propos...venez, suivez-moi ; j'ai quelque chose à vous montrer."


Décidément, la faculté qu'avait ce type de retomber sur ses pattes en toutes circonstances me dépassait complètement ; après sa sortie miraculeuse des eaux du port, la découverte du cadavre de son indic' sur le menu d'un restaurant chinois et la tentative d'assassinat dans le hall de la gare, je l'avais toujours vu plein d'une arrogante insouciance (pour ne pas dire d'une inconscience puérile). Pour une fois, suite à cet nouveau rebondissement il avait craqué ; mais ça n'avait pas duré longtemps, et il repartait de nouveau, bille en tête et l'air de rien.

Je le suivis donc, laissant là nos affaires au creux d'un buisson épineux...

Publié par Experiment.Gat à 16:19:13 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (3) |

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L' Auteur

C'est moi!

Ceci est une expérience, une petite tentative de polar en épisodes pas sérieux du tout (juste un peu), parfois onirique, parfois improvisé... A forte teneur en caféine, comme de bien entendu :)

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