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A Polar Experience

Dream By Gatrasz Incorporated.

Episode 34 - [Chapitre 9] | 31 mars 2008

UN FOND DE CAFé FROID... (2ème partie)

Maggie regarda sa tante avec horreur, les mots de celle-ci résonnant désagréablement dans sa tête au réveil comme le sinistre glas de ses dernières illusions :

« Quoi ?

Elle avait failli en renverser son bol de café, blanc bien entendu, sur les tartines qu'elle venait de couper et qu'elle s'apprêtait à présent à beurrer - légèrement. Elle posa le couteau sur le beurrier et respira profondément plusieurs fois. Ruth la fixa droit dans les yeux, froidement.

_Tu as très bien compris. S'ils se croient en sécurité chez nous, quoi de mieux pour leur tendre une embuscade ? Ne fais pas l'innocente, tu sais très bien que nous avons déjà plusieurs fois tâché d'éliminer Dan Hunter...

La jeune femme commençait à respirer difficilement ; elle se fit cependant violence pour quitter définitivement le monde des rêves et faire face à sa tante, pour ajouter :

_C'est vrai, mais Horowitz... Pourquoi le tuer ? Il ne tentera plus rien contre nous une fois son ami disparu. Et puis...un meurtre chez nous, c'est suffisant, non ?
_Il doit mourir aussi ; depuis ce qui s'est passé au Nicaragua, nos associés - et fournisseurs de café, accessoirement - en ont sérieusement après lui. En fait, il y a une sorte de contrat sur leur tête à présent.
 »

La tante Ruthie posa son menton sur se deux mains jointes et observa sa nièce. Elle avait eu un réveil particulièrement calme, et ses idées étaient claires ; de plus, elle avait longuement ruminé le sujet la veille au soir, pendant que Maggie dormait paisiblement en rêvant à ses nouveaux projets et, sans nul doute, à celui qui les portait sur ses frêles épaules.

« Maggie, dit-elle, j'ignore ce que tu trouves au ridicule personnage qu'est ce Gerald Horowitz, mais il faut bien te rendre compte que, de toute façon, il est trop tard : tu ne peux pas le protéger. Il s'est mis lui-même dans une position impossible dès l'instant où il tirait de l'eau ce pauvre inconscient de détective, et depuis il ne cesse de le soutenir dans ses activités notoirement nocives à notre petit commerce. S'il avait un rien de bon sens, il aurait déjà choisi de changer de camp ; ce n'est pas le cas. Il faut donc qu'il disparaisse, lui aussi. »

La jeune fille arborait à présent un air boudeur, elle ne répondit pas. Dans sa tête, les choses se bousculaient et se heurtaient encore : sentiments, envies et raisonnements fugaces dans un effroyable embrouillamini tournaient comme la mousse dans la baignoire quand on vient d'ôter le bouchon et que l'eau du bain s'évacue dans un tourbillon. Pourquoi fallait-il toujours faire des choix si difficiles ? Ne pouvait-on suivre ses inclinations naturelles, de temps en temps, sans aller à l'encontre de ses intérêts ? Soudain, comme elle finissait son bol de Café Blanc du Nicaragua, tout parut se concentrer en un point unique et central, une conclusion qu'elle ne pouvait plus refuser d'admettre et qui serait dès à présent son seul fil conducteur. C'était tout à coup très simple, il n'y avait plus à tergiverser... Elle se leva, très raide, lava rapidement son bol dans l'évier et l'essuya calmement. Son cœur se serrait lentement, devenait - semblait-il - de plus en plus dur et insensible. Certes, la décision était difficile ; mais, comme l'avait dit sa tante, il était trop tard. Elle était profondément triste d'en arriver là, mais puisqu'il n'y avait plus moyen de faire autrement... Elle prit à nouveau une profonde inspiration et se retourna enfin :

« C'est bien, Tante Ruthie, lança-t-elle; puisqu'il n'y a pas d'autre solution, nous ferons comme tu dis ».



Publié par Experiment.Gat à 16:36:59 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

Episode 33 - [Chapitre 9] | 25 mars 2008

LE FOND DU CAFé FROID... (1ère partie)

Allongée dans sa chambre, les yeux fixés sur le plafond, Maggie Garland ne savait que penser. Le message téléphonique reçu dans l'après-midi pour sa tante la laissait perplexe, et pour cause : on lui annonçait l'évasion, au cours d'une abominable catastrophe, de Dan Hunter et de...Gérald Horowitz ! Elle avait été bien près d'oublier les chiffres des pertes en café blanc, des retards de livraison occasionnés et des réductions de bénéfices conséquentes qu'on lui annonçait ; ainsi, le bizarre compagnon d'Hunter était toujours en vie...ou était-ce une erreur ? Non, sans doute avait-il été pris plus tard ; peut-être aussi était-il responsable des évènements qui avaient permis la fuite des deux hommes. Ça n'aurait pas autrement étonné Maggie ; non qu'elle eût une confiance démesurée dans les capacités de l'ami de leur locataire, mais depuis son arrivée les entreprises du détective jusque là sans avenir semblaient plus ou moins couronnées de succès. Il existait une théorie que Maggie avait aperçue dans un magazine, selon laquelle certaines personnes portaient la poisse - ou la chance - à leur entourage, avec un taux de certitude suffisamment appréciable pour que les patrons de casinos par exemple en emploient. Et si Horowitz était un de ceux-là ? Elle aurait bien aimé le savoir... Un tel personnage dans son jeu pourrait lui assurer des profits substantiels ; et si l'effet, de surcroît, était double ? Oui, rêvait-elle tout haut, s'il accroissait la bonne fortune de son propre camp, il était logique que celle du camp adverse en fût diminuée d'autant. C'était une question...d'équilibre cosmique, assurément, il ne pouvait en être autrement. Il était donc indispensable - et urgent - qu'elle convainque Horowitz de passer de son côté...

Bien entendu, songeait-elle, à présent qu'ils s'étaient évadés ils ne pouvaient manquer de revenir. Rien, à priori, ne permettait aux deux hommes de faire un lien quelconque entre les demoiselles Garland et le commerce du Café Blanc du Nicaragua ; dans ces conditions ils ne négligeraient vraisemblablement pas un abri qu'ils avaient toujours cru sûr. Ils se feraient sans nul doute discrets un certain temps pour qu'on les oublie, et puis ils reprendraient leurs irritantes recherches. D'ici là, se disait Maggie, il serait facile de les voir assez souvent pour atteindre Gérald Horowitz et entrer dans ses bonnes grâces. La jeune femme n'imaginait pas que cela pût poser un problème ; après tout, son charme indubitable avait parfaitement opéré sur la personne du malheureux Attorius Kay, et puis cette fois l'homme qui l'intéressait semblait déjà manifester un certain intérêt pour elle. Maggie avait pu s'en rendre compte à de nombreuses reprise - il lui avait même téléphoné depuis Managua. Qu'elle-même se soit sentie vaguement attirée par lui dès le début ne pouvait, à son avis, que l'aider dans son entreprise...

« Bonjour Maggie, annonça sa tante Ruthie, le lendemain matin au petit déjeuner ; tu sais, j'ai longuement réfléchi à cette affaire ; et je crois que je vais appeler Mr Rebbenkohl pour lui parler de ce qui m'est venu à l'esprit.
_Oui ?
interrogea Maggie en fronçant le sourcil.
_Si Hunter et son ami reviennent ici, il ne faudra pas laisser passer l'occasion. Tu vois ce que je veux dire ?

La jeune femme avala péniblement sa salive. Elle voyait venir à grands pas la catastrophe ; mais elle ne pouvait raisonnablement envisager de mettre sa tante au courant de ses propres projets. Elle préféra ouvrir de grands yeux, et attendre les explications qui à coup sûr arrivaient.

_Il faut en tirer des informations, reprit la tante Ruthie ; nous les espionnerons. Tu n'auras qu'à fouiller discrètement leurs affaires : après tout, nous n'allons pas héberger pour rien des individus qui travaillent contre nos intérêts !
_Ah, non !
s'insurgea Maggie ; je ne m'abaisserai pas à faire ça. Et puis, après ce qui est arrivé l'autre soir, je ne veux plus courir de risques à tort et à travers...
_Je le ferai, moi, s'il le faut.
_Mais...et s'il s'en apercevaient ? S'ils disparaissaient alors sans laisser de traces ?


Ruth Garland eut un sourire dur, et but une gorgée de son café au lait avant de répondre :
_Ils n'en auront peut-être pas le temps... »



Publié par Experiment.Gat à 17:31:36 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

Episode 32 - [Chapitre 8] | 05 mars 2008

LE FEU AUX POUDRES... (4ème partie)

Une demi-heure plus tard, prisonnier avec Dan Hunter dans une pièce du château des scientifiques allemands au Nicaragua, je me lamentais. Avoir fait tout cela, pris tous ces risques pour rien ! Je soutenais que si j'avais eu la bonne idée de lier ensemble deux ou trois troncs, nous aurions pu rentrer dessus sans encombres ; mon ami opposait que les gardes ne nous auraient pas même laissé quitter la cour s'ils s'étaient aperçus que j'avais une embarcation. Ce qui me faisait le plus de mal, en fait, c'était d'avoir dû avouer l'emplacement de la bombe que je terminais de placer près des stocks de café blanc lorsque Hunter m'avait trouvé. C'était un peu mon bébé, cette charge d'explosifs que j'avais confectionné avec amour en ruminant ma vengeance après la mort supposée de mon pauvre ami. Ce dernier avait d'ailleurs beaucoup insisté pour que je révèle à nos geôliers le moyen de découvrir et de désamorcer l'engin ; quant à moi, j'aurais préféré affronter la torture, mais il m'avait presque supplié et j'avais dû céder, la mort dans l'âme, de peur qu'il ne subisse en fin de compte les conséquences de mon obstination. Il va sans dire que je lui en voulais terriblement pour ce que je considérais quasiment comme une trahison...

« Je n'en reviens pas que vous m'ayez forcé à bousiller ainsi mon travail, disais-je ; vous ne vous rendez pas compte de ce que sa confection a représenté pour moi !
_Je sais bien,
répondait-il avec un petit air confus ; mais imaginez leur réaction si votre bombe avait blessé quelqu'un... Je vous assure, c'est mieux ainsi. »

Et la dispute continuait, entrecoupée de silences boudeurs. Les deux types qui montaient la garde à l'entrée, donnant directement sur la cour où la nuit pâlissait à vue d'œil, ne disaient rien et nous ignoraient superbement. Seuls quelques petits sourires, rapidement réprimés, et des regards en biais dans notre direction révélaient parfois qu'ils comprenaient assurément ce qui se passait entre Hunter et moi. Cela devait quelque peu ressembler, dans les grandes lignes, à un sketch de Laurel et Hardy (Dan Hunter était plutôt grand et maigre ; et moi...disons peu sportif et de taille moyenne).

« Vous savez, lançai-je encore tout à coup, je reste intimement persuadé que vous avez eu tort.
_Allons, mon vieux, vous n'allez pas remettre ça sur le tapis une nouvelle fois ! Je vous ai dit ce que j'en pensais : c'était inutile et dangereux.


Il semblait à présent relativement agacé par mon insistance. Je n'en repartis pas moins sur un ton plutôt aigre :

_...et puis nous n'étions pas venus pour ça, oui, vous me l'avez déjà dit ! Mais ça ne tient pas, Hunter ; non, ça ne tient pas. Si je vous ai accompagné au Nicaragua, c'est pour agir, et vous le savez très bien. Il s'agit peut-être de quelque chose de nouveau pour vous, mais l'action est indispensable dans ce cas ; nous n'allons pas laisser ces types inonder le marché de cette saleté de café albinos - et de drogue, je vous le rappelle !
_Le café blanc n'est pas mauvais en lui-même, je vous l'ai dit et répété pourtant ; c'est juste la façon de le commercialiser qui pose un problème légal. C'est pour ça que je travaille sur cette affaire ; mais si je peux éviter d'en arriver à jouer les barbouzes...
»

Jamais je ne dirai qu'Hunter était un froussard ; mais je pris à cet instant la mesure de la répugnance que lui inspirait l'usage de la manière forte, quand cela n'était pas à ses yeux absolument indispensable - j'irais même jusqu'à dire inévitable. En cela je différais radicalement ; une fois sorti de mes gonds je ne m'arrêtai plus à faire du détail...

« En tout cas, jouer les barbouzes ne me fait pas peur, moi ; un jour vous me remercierez pour ça.
_Hein ? Moi, je vous...
»

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase ; une explosion retentit dans la cour, l'interrompant et faisant même vibrer les lourds murs de pierre...



Publié par Experiment.Gat à 14:31:38 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

Episode 31 - [Chapitre 8] | 03 mars 2008

LE FEU AUX POUDRES... (3ème partie)

Terrifié par la chute de mon compagnon, je me précipitai pour le relever ; mais il restait sur le sol, évanoui. Je le ramenai à lui par quelques claques appliquées sur ses joues glacées.

« Hé bien..., dis-je, qu'est-ce qui vous prend ? Ça ne va pas ?
_Euh...excusez-moi, mais...nous ne pouvons pas rentrer à la nage !
_Pourquoi ? Je suis bien venu ici comme ça, moi...

Hunter avala sa salive avec difficulté :
_Et...vous n'avez pas eu d'ennuis ?
_Non ; j'aurais dû ?

Cette fois, je sentis mon ami frissonner avant de me répondre :
_En principe, oui ; ces eaux sont infestées de piranhas...»

Il s'en fallut de peu que je ne m'évanouisse à mon tour. Dire que j'avais traversé à l'aller sans même soupçonner... Je me rendais compte tout à coup de ma naïveté. Comment avais-je pu supposer que l'endroit serait aussi peu gardé ? La mesure du danger que j'avais couru sans le savoir m'apparaissait d'autant plus terrifiante à présent ; des piranhas ! Ces féroces petits poissons carnivores d'Amérique du Sud, des bêtes voraces qui vous nettoyaient en un instant de leurs redoutables mâchoires équipées de petites dents coupantes comme des rasoirs... Instinctivement, je fus tenté de vérifier mon intégrité physique ; mais je songeai en même temps que si j'avais été attaqué par ces maudites bestioles, je m'en serais forcément aperçu beaucoup plus tôt.

« Comment expliquez-vous que je sois arrivé indemne, alors ?
_Je ne sais pas...quand vous êtes-vous mis à l'eau ?
_Juste à la fin de la dernière averse, pour que le bruit de mes mouvements se confonde avec celui de la pluie à la surface du lac...mais c'est insensé : les poissons ne se dirigent pas uniquement au son, que je sache !
_Certes non, mais la pluie a pu suffire à les désorienter ; et puis, elle charrie beaucoup de terre venant des collines. C'est sans doute grâce à cela que vous avez pu passer inaperçu... Mais à présent, ce ne sera plus possible, je le crains...
»

Je dus bien admettre qu'il avait raison. D'ailleurs, dans le doute je préférais ne pas courir le risque... Mais cela posait évidemment un problème de taille : comment allions-nous pouvoir fuir et regagner le rivage du lac ?

« Inutile de songer à longer la presqu'île, murmura Dan Hunter ; l'entrée est perpétuellement gardée, comme vous savez.
_Il va falloir dégoter une embarcation
, répondis-je ; n'importe quoi, une barque, un radeau, enfin quelque chose qui flotte et qui puise supporter notre poids...et puis des sortes de rames ou de pagaies. Je ne veux pas avoir à remettre les mains dans cette eau-là ! Vous n'avez rien vu dans la cour, pendant la journée, qui puisse nous servir ?
_Je n'ai pas fait attention, mais en y réfléchissant...il doit bien y avoir quelque chose. Venez, retournons-y.
»

Nous reprîmes le passage sombre qui conduisait à l'intérieur du château, heureux de nous éloigner pour un moment de l'eau devenue très antipathique de ce fichu lac perdu au cœur du Nicaragua. Nous marchions aussi discrètement que possible, quoique sans redouter grand-chose pour le moment : il me semblait que dans une telle forteresse, protégée finalement par de si formidables gardiens (sauf en cas d'averse, éventuellement ; mais pour rien au monde je n'aurais voulu retenter ma chance), on pouvait se permettre de dormir sur ses deux oreilles - et même laisser un prisonnier se balader seul la nuit sans surveillance aucune. Cependant, il faut croire qu'en cela, je me trompais... A peine avions-nous mis le pied dans la cour qu'un ordre bref fusa dans l'ombre derrière nous, et nous fûmes tout à coup entourés d'hommes en armes.



Publié par Experiment.Gat à 16:22:34 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (1) |

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L' Auteur

C'est moi!

Ceci est une expérience, une petite tentative de polar en épisodes pas sérieux du tout (juste un peu), parfois onirique, parfois improvisé... A forte teneur en caféine, comme de bien entendu :)

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