Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog jeux flash

A Polar Experience

Dream By Gatrasz Incorporated.

<< Episode 40 - [Chapitre 10] | Episode 41 - [Chapitre 11] | Episode 42 - [Chapitre 11] >>

Episode 41 - [Chapitre 11] | 06 juin 2008

DERNIèRES GOUTTES... (1ère partie)

Les funérailles de notre ancienne logeuse - malheureuse victime prétendue d'un banal cambriolage - eurent lieu dans les jours qui suivirent, très tristement et surtout sous la pluie. Nous nous étions promis d'y assister ; je désirais faire mon possible pour soutenir Maggie Garland dans l'épreuve, même si nous n'habitions plus, par sécurité, chez elle. D'une certaine façon, pensais-je, c'était un peu notre faute si sa tante avait fait les frais d'un assassinat, sans doute manqué en ce qui nous concernait mais injustement tragique pour ces demoiselles qui avaient bien voulu nous accueillir malgré le caractère remuant de nos activités - et sans en connaître les réels dangers.

Nous avions élu domicile, Hunter et moi, dans un petit appartement sous les toits, à quelques pâtés de maison de chez moi ; je l'avais dégotté par l'intermédiaire de Margharita, la vendeuse de hot-dogs - c'était apparemment le logement de son frère ; mais celui-ci était retourné au Chili peu de temps auparavant. Je demandai à la jeune latino-américaine ce qu'il faisait là-bas, au beau milieu d'une révolution qui faisait rage depuis le fameux jour où j'avais rencontré Dan Hunter. Elle me répondit fièrement :

« C'est un guérillero ! Mon frère fait partie des glorieux révolutionnaires qui libèreront notre pays du joug de la tyrannie... »

Je n'osai pas m'engager plus loin sur ce sujet scabreux ; après tout, nous disposions d'une planque que, sûrement, nos ennemis ne trouveraient pas. Le reste importait peu, c'est du moins ce qu'Hunter me souffla à l'oreille, comme je restais bouche bée après la déclaration hardie de la jeune Chilienne. Nous y avions donc installé nos pénates, restant terrés quelques jours, quasiment coupés de tout. Je voulais garder le contact avec Maggie, lui téléphoner ; mais mon ami désirait à tout prix éviter de l'impliquer encore et il m'en dissuada. Nous irions assister à l'enterrement, à la rigueur, mais nous nous ferions aussi discrets que possible. Margharita nous apportait quotidiennement les journaux du soir ; c'est ainsi que nous sûmes la date.

Nous étions donc debout sous la pluie, entre un caveau de famille sinistre et une grande croix de bois noir sur lesquels ruisselait la pluie. Passant devant nous en tête du cortège funèbre - composé essentiellement des petites vieilles du quartier - Maggie Garland nous avait gratifiés d'un léger signe de tête ; et j'avais distingué dans ses yeux une lueur de reconnaissance pour notre présence en ce moment difficile. Je la regardais de loin, contrit, de plus en plus conscient de notre responsabilité dans le drame qui la frappait. Quand Hunter me poussa du coude, je le gratifiai d'un regard sombre ; il me montra plusieurs autres silhouettes noires qui comme nous assistaient à la scène, de loin.

« Croyez-vous qu'ils nous observent ? demandai-je à voix basse.
_Ça m'étonnerait ; aucun ne regarde dans notre direction, et ça fait un moment que je les surveille. Allez savoir pourquoi je m'attendais à identifier notre ami Jack ; quelque chose me dit que c'est lui qui a fait le coup, mais pour l'instant je ne le vois pas...
_Ce sont peut-être des flics,
dis-je. Ils pourraient bien s'interroger sur les circonstances de la mort de votre logeuse.
_C'est possible. En tout cas, il faudra rester sur nos gardes en quittant le cimetière
».

Je concentrai de nouveau mon attention sur la jeune femme vêtue de noir qui courbait à présent la tête, laissant Dan Hunter à ses soupçons. Je n'étais pas loin de le traiter intérieurement d'insensible... Le prêtre fit un bref signe de croix - Mrs Garland était catholique - et fit un geste à l'intention de Maggie ; celle-ci jeta de sa main gantée une poignée de sable sur le cercueil de sa tante, et les deux employés du cimetière commencèrent à pelleter la glaise humide tandis qu'elle se détournait. Comme j'aurais voulu être près d'elle à cet instant... Dan, devinant sans doute mon sentiment, me retint doucement par le bras ; et la jeune femme passa lentement devant nous. Au dernier moment elle parut hésiter, mais ne s'arrêta pas ; elle fit cependant tomber quelque chose à nos pieds et agita rapidement la main avant de s'éloigner, seule, toujours élégante, drapée dans son grand manteau de pluie.


Publié par Experiment.Gat à 16:05:35 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici

L' Auteur

C'est moi!

Ceci est une expérience, une petite tentative de polar en épisodes pas sérieux du tout (juste un peu), parfois onirique, parfois improvisé... A forte teneur en caféine, comme de bien entendu :)

Avis de Recherche


Le contenu de ce blog est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.

Référencé par Blogtrafic

What I Say

Juin

DiLuMaMeJeVeSa
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930     

Compteur

Depuis le 16-01-2007 :
68075 visiteurs
Depuis le début du mois :
2120 visiteurs
Billets :
47 billets

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03