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A Polar Experience

Dream By Gatrasz Incorporated.

Episode 14 - [Chapitre 4] | 12 septembre 2007

DES REQUINS DANS LA FORêT NOIRE... (2ème partie)

Après les rues ensoleillées de Managua, pleines de cris et de chauffards, de bruits et d'autochtones dépenaillés, cette route qui tranchait tout droit au travers de la jungle me semblait l'endroit le plus désertique et le plus sombre qu'on puisse trouver sur cette planète. La radio (qui de toute façon ne captait plus rien) s'était tue dans un ultime cahot, nous laissant seuls dans l'habitacle surchauffé de la camionnette. Celle-ci, bravement, tenait le coup et nous épargnait les pannes à répétition...pour l'instant. Hunter et moi conduisions en alternance pour ne pas fatiguer ; après une partie du trajet particulièrement calme je lui avais donc rendu le volant. Renonçant à somnoler sur mon siège aux ressorts grinçants, je sortis le bras par la portière. Le cri que je poussai en touchant la carrosserie brûlante fit rire Dan à côté de moi.

« Oh, je vous en prie, hein ; ça aurait pu vous arriver aussi...
_Hem...oui, je présume, mon vieux. Mais c'est sur vous que c'est tombé ; c'est tout ».

Je me cantonnai dans un silence maussade ; mais ma vengeance ne tarda guère, me persuadant de l'existence en ce monde d'une forme de justice immanente. A la suite d'un choc dû au plus gros nid-de-poule de la journée, le moteur se mit à tousser et de la vapeur monta du capot de plus en plus abondamment.

« Et voilà, regardez ce que vous avez fait !
_Je voudrais vous y voir, hé ! Je n'y suis pour rien, moi, c'est ce trou sur la route qui...
_Oui, oui... En attendant, vous bousillez ma bagnole.
_Hein ?
_C'est moi qui l'ai payée, je vous le rappelle ».
 
Au lieu de me répondre vertement, Hunter lança un juron ; la puissance du moteur chutait d'un coup, et la camionnette s'arrêtait maintenant dans un nuage de vapeur brûlante. Nous étions trop atterrés pour reprendre notre altercation ; une seule question s'imposait : qu'allions-nous devenir ?

Comme nous émergions de notre stupeur, le nuage provenant du radiateur se dissipait lentement. J'allais ouvrir ma portière pour aller voir sous le capot, quand une main me saisit le bras ; et j'entendis la voix surprise d'Hunter :

« Regardez... »

Une baraque de bois apparaissait sur le bord de la route, cachée jusque là par la végétation luxuriante et la fumée du moteur. Sous les branchages épais apparaissaient des panneaux multicolores aux enseignes diverses : rafraîchissements, essence... On distinguait aussi, sur le côté, une espèce de hangar encombrés de matériel rouillé, bref, ce qui dans la région pouvait s'appeler...un garage.

« Non, dis-je, ce n'est pas possible...
_Je vous pince, si vous voulez...
_Non, merci... J'ai bien envie d'y croire, finalement ».

Je sortis de la voiture et, avec Hunter sur les talons, avançai vers la porte grande ouverte du bâtiment providentiel ; une sorte de natte la fermait, simplement. A l'intérieur, nous découvrîmes une sorte de bar, sans aucun consommateur évidemment. Un petit vieux dormait sur le comptoir, dans une pénombre presque fraîche au vu de la température qui régnait dehors (et surtout dans la camionnette)...

« Bonjour... Excusez-nous pour le dérangement, dis-je ; mais...nous sommes en panne, et...
_Pas de problème, lâcha le vieux en espagnol, en s'éveillant d'un coup. Asseyez-vous.
_Mais...
_Pas de problème, pas de problème ! Miguelito va s'occuper de votre voiture, c'est un très bon mécanicien, asseyez-vous... Je vous sers à boire, n'est-ce pas ? »

Nous aurions difficilement pu prétendre ne pas avoir soif... Le vieil homme disparut dans l'arrière boutique en appelant Miguelito ; il reparut bientôt avec deux bouteilles qu'il déposa devant nous. Elles étaient glacées... Je regardai quand même avec suspicion le liquide qu'elles contenaient et qui ne me disait rien ; Hunter renifla le goulot de celle qui trônait devant lui, puis sans attendre en avala une bonne gorgée. Ensuite, avec un soupir d'aise il se laissa tomber sur un tabouret, en poussant vers moi la seconde bouteille :

« Buvez ; c'est extrêmement rafraîchissant, ce truc
_Qu'est-ce que c'est ? demandai-je en saisissant l'objet sur lequel le givre commençait à fondre. Dan cligna de l'œil et sourit d'un air bête :
_Café blanc du Nicaragua. Glacé. Vous allez adorer... »



Publié par Experiment.Gat à 16:02:59 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (1) |

Episode 13 - [Chapitre 4] | 10 septembre 2007

DES REQUINS DANS LA FORêT NOIRE... (1ère partie)
--> Lire l'histoire entière

Comment Dan Hunter et moi-même parvînmes au Nicaragua n'est pas l'objet principal de mon récit ; quoique la relation de nos péripéties jusqu'à Managua n'eût pas manqué de piquant... Enfin, quoi qu'il en soit nous arrivâmes à destination après un voyage agité dans les soutes d'un cargo, puis un périple brinqueballant à l'arrière d'un camion vétuste sur les routes (très) inégales de cette république d'Amérique Centrale. Quand je dis "à destination", c'est de la capitale Managua que je parle. D'après nos renseignements, le camp de base des chimistes allemands se trouvait un peu plus au Sud, mais Hunter avait besoin de je-ne-sais-quoi encore pour préparer notre expédition. Quant à moi, je me sentais prêt à aller à peu près n'importe où pourvu qu'il soit question de sortir de cette galère...

Après deux jours dans un hôtel miteux sous des pseudonymes ridicules (que je ne citerai pas ici), à rassembler du matériel -lampes torches, revolvers, munitions, provisions-, je vis revenir mon ami arborant un sourire joyeux :

"Ça y est ! Nous pouvons partir. J'ai réussi à me procurer une carte détaillée de la région qui nous intéresse ; et plutôt récente, qui plus est.
_Qu'appelez-vous "récente" ?
_L'année dernière ! Une chance, l'armée a délogé la guérilla révolutionnaire une bonne fois pour toutes de ce secteur, et ils en ont profité pour mettre à jour leurs cartes d'état-major...
_C'est une carte de l'armée ?! Vous vous l'êtes procuré comment ?
_Peu importe, dit-il en me la tendant négligemment ; mais faîtes-y attention. Si on nous prenait avec, cela risquerait de chauffer pour nos matricules, surtout avec le reste de notre attirail...
_Ouais, répliquai-je en grognant, voilà les nouveaux guérilleros qui débarquent à Managua. Oyez, oyez..."

J'entendis Hunter ricaner dans son coin en tirant sur les lanières de son sac. Guérilleros sur la corde raide, oui...

Le lendemain, nous roulions vers le Sud à bord d'une vieille camionnette achetée (à mes frais) pour une bouchée de pain. Dan Hunter conduisait ; à l'arrière, notre barda tressautait au gré des cahots, ce qui ne manquait pas de m'inquiéter. Nous aurions l'air fins avec des armes enrayées ; et puis, ces munitions qui bondissaient sur le plancher métallique, à proximité des bidons d'essence chargés avant le départ...

"Ne vous en faîtes pas, lança Dan en me secouant par l'épaule d'une main, et maîtrisant de l'autre une impressionnante embardée ; tout va bien se passer, vous verrez. Nous en avons vu d'autres...
_Euh...vous, peut-être...
_C'est vrai, mais...hem...tout s'est déroulé à merveille jusqu'ici, non ? Pas de raison que ça change, hein !
_Si vous le dîtes, Hunter..."

Plus nous nous rapprochions du but, plus la route devenait mauvaise ; mais la bagnole tenait le coup, et je voyais avec soulagement s'allonger la liste des kilomètres que nous n'aurions pas à parcourir à pied. Mais, comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin ; et celle-ci précisément n'était pas faite pour durer...

Publié par Experiment.Gat à 12:49:57 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (4) |

Episode 12 - [Chapitre 3] | 30 mai 2007

L'Affaire "Jack-Erreur"... (4ème partie)
--> Lire l'histoire entière

"Diantre !... murmura Hunter, lisant l'épaisse liasse de papiers trouvée dans l'enveloppe brune.
-Intéressant ? dis-je sombrement ; j'avais encore du mal à digérer les évènements de la veille, dans ce hall de gare bondé.
-Oui, oui ; vous n'avez pas risqué votre vie pour rien, rassurez-vous.
-Moi ? Je l'espère bien ! Et que faîtes-vous de ce pauvre type que vous avez fait tuer à votre place, après lui avoir mis votre chapeau ?
-Calmez-vous, mon vieux, rien n'indique qu'il soit mort...
-Effectivement,
dis-je avec humeur ; Maggie ne nous a pas encore apporté les journaux du matin. Mais s'il est bien mort, vous n'avez pas fini de m'en entendre parler..."

Les documents, comme me l'apprit Dan Hunter par la suite, provenaient de cette fameuse source que nous avions failli rencontrer dans un restaurant asiatique ; apparemment, l'homme avait prévu le coup et mis sur papier tout ce qu'il pouvait, plus des photos et des microfilms ! (Bref, on ne pouvait rien lui reprocher si ce n'est d'avoir fréquenté des trafiquants de drogue...et de s'être fait descendre) Cependant, le visage de mon ami se décomposait au fur et à mesure qu'il lisait : je finis, lassé et vaguement inquiet, par lui demander ce qu'il y avait de si déprimant dans ces fichues preuves.

"Qu'y a-t-il ? Vous avez découvert que, par effet d'accoutumance, vous ne pourrez plus jamais vous passer de 'Café blanc du Nicaragua' ? Vous êtes le jouet des machiavéliques scientifiques blonds ?
-Pire encore
, répondit Hunter ; leur organisation est sans faille et s'appuie sur un réseau conséquent mis à leur disposition par le Cartel nicaraguaien. Les fonctionnaires corrompus sont légion, et je ne vous dis pas jusqu'à quel niveau ils sont pourris...c'est effrayant.
-Je vois... En gros, vous vous êtes attaqué à beaucoup, beaucoup plus fort que vous. Et vous vous rendez enfin compte, après deux tentatives d'assassinat (dont une réussie, souvenez-vous), que c'est mal barré ?"

Dan ouvrit la bouche, un peu pris au dépourvu ; il fut sauvé par deux coups frappés à la porte. Deux coups, et tant pis pour le suspense, frappés par la très, très jolie Maggie Garland qui apportait la presse du matin. Les gros titres : MORT VIOLENTE A LA GARE, ou encore CEUX QUI MEURENT NE PRENDRONT PAS LE TRAIN...

"Mais non, mon cher, reprit Hunter, mais non, vous dramatisez. On ne peut rien faire ici, mais...
-...mais ?
-...c'est au Nicaragua que nous agirons, voilà tout."

Et moi, me dis-je, qui venais de faire une croix sur mes vacances au Chili...

Publié par Experiment.Gat à 14:34:24 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (7) |

Episode 11 - [Chapitre 3] | 24 avril 2007

L'Affaire "Jack-Erreur"... (3ème partie)
--> Lire l'histoire entière

"Euh...mais vous êtes sûr qu'il ne va pas me tirer dessus ?
-Je vous l'ai dit
, répondit Dan Hunter ; Jack possède ma photo, pas la vôtre. Ça m'étonnerait qu'ils aient eu le temps de vous identifier...
-Mais
, dis-je, de moins en moins rassuré, s'il décide de tirer tout de même, qui sait...
-Ne vous en faîtes pas ; je le surveille d'ici, et si je le vois sortir une arme je tirerai le premier..."

Disant ces mots, il sortit son automatique. Je ne partis qu'après m'être assuré qu'il n'oubliait pas de défaire le cran de sûreté.

La difficulté était de ne pas regarder, même instinctivement, en direction du tireur qui "me" surveillait ; sans quoi il pourrait se douter de quelque chose. Je marchais donc droit devant moi, pas trop vite pour ne pas sortir du lot. Quand j'approchai de la serrure la clef d'Hunter, ma main tremblait tant que je crus ne jamais y arriver. Je pris une longue inspiration, la clef tourna et la porte s'ouvrit...

Une grande enveloppe brune se trouvait là, vierge de nom et d'adresse ; quand je la pris, je m'aperçus qu'elle contenait pas mal de papiers car elle était plus lourde que je ne m'y attendais. Je la sortis du casier métallique, persuadé que j'allais mourir sur l'instant...

La suite se déroula sans doute très rapidement ; mais j'eus l'impression d'avancer au ralenti, comme si je m'étais trouvé tout à coup dans un gigantesque aquarium rempli d'eau. Chaque pas résonnant sur le sol me faisait l'effet d'un coup de feu, mais quand j'atteignis Hunter rien n'était encore arrivé. Le temps alors parut se débloquer. Hunter me prit par l'épaule et m'entraîna d'un bond dans le hall d'entrée.

"Diable, sussura t-il, ce que vous avez été long !"

Je vis mon ami bousculer un passant : tous deux perdirent leur chapeau, Hunter en ramassa un et le mit sur sa tête en tendant l'autre à l'inconnu. Je remarquai que tous deux portaient un imperméable presque identique, puis Dan me poussa de nouveau dehors.

"Mais, vous vous êtes trompé de chapeau, dis-je, étonné.
-Taisez-vous, bon Dieu, et suivez-moi !"
 
A peine disait-il cela qu'un coup de feu se faisait entendre derrière nous, suivi de hurlements dans la foule. Mais nous étions déjà sur le trottoir, courant à perdre haleine, le plus loin possible de la gare...
 

Publié par Experiment.Gat à 11:39:50 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

Some White Coffee ? | 19 avril 2007


Hello !
 
Si vous ne connaissez pas ce blogg, je vous conseille de passer au sommaire ; sinon, je voulais vous avertir que, ici comme ailleurs, la politique change. En fait, plutôt que de publier tout à la suite (ce qui n'est pas super pratique à lire, hein ? ;) j'ai décidé de ne laisser que le dernier épisode publié. Je mets aussi un lien, à chaque fois, vers le texte intégral dûment mis à jour !
 
Voilà...
 
G.H.
 

Publié par Experiment.Gat à 15:43:52 dans A Polar Experience. 1 | Commentaires (0) |

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C'est moi!

Ceci est une expérience, une petite tentative de polar en épisodes pas sérieux du tout (juste un peu), parfois onirique, parfois improvisé... A forte teneur en caféine, comme de bien entendu :)

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